Marcel Alocco
Comme
un écrivain bilingue…
Est-ce
l'incapacité où je suis de m'identifier à cette démarche sentie comme
totalement étrangère qui me fascine ? Devant le travail de Michèle
Brondello, c'est cet autre indiscernable qui m'attache, ce " à connaître
" qui sépare de la multitude les quelques ouvrages qui me concernent
- en faisant questions.
Les plâtres, tournés à la main, montés comme des stalagmites, chandelles
parfois zoomorphes ou humanoïdes, aux formes en coulures et rapes
à la fois auxquelles la lumière suspend des parcelles d'ombre, ambigus
dans leurs parures de perles, de feuilles, de plumes, de pétales,
de dentelles, de tissus, de fils, de tulles et de fibres végétales,
morceaux de verres taillés, paillettes et ors… Et les brins, les pétales,
lmes perles ponctuent la surface de couleurs comme les touches d'un
pinceau, tandis que les dentelles, brindilles et autres filtres donnent
ces dégradés, ces flous qui unifient finalement le rapport fragmenté
au tout. Emotion, dans ce qu'il y a de fragile, faussement, en ces
statuettes et dans l'équilibre de la surface ponctuée toujours sur
le bord de la rupture.
Le travail de peinture, sur une structure centrale ici encore dure
et tendue, rectangles dressés, plans et lisses, sur lesquels s'inscrit,
une multitude de minuscules touches rectangulaires ou carrées, la
couleur : de sinueux alignements, traversant par modulations ou soudain
d'un passage brutal rompant la teinte, surface comme un ciel d'aube
où dominent et s'affrontent dans les frontières mobiles du morcellemetn
tous les bleus et les rouges en fondus enchaînés.
L'une baroque et comme excessive, l'autre de bon ton et toute en nuances,
c'est dans le rapport à la couleur sur un support rigide et dressé
que se rencontrnt les deux activités menées parallèlement depuis 1975.
Ponctuations différentes, mais qui ne concluent pas : étonnés, il
faut le dire et assumer cette fracture, simplement.
Marcel
Alocco
Nice, mai 1979
Invitation
Galerie Lieu 5, Nice